Auditions programmatiques - N°3 Contre les grands projets inutiles - St-Hilaire Durable

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Lundi 29 mai, dans le cadre d'auditions programmatiques, Lucie Rousselou et Thomas Champigny ont rencontré l’association St-Hilaire Durable qui est à l’origine de la ZAD (Zone A Défendre) contre le projet golfique sur la ville de St-Hilaire. Les membres de l’association sont revenus sur le déroulement des faits, la stratégie qu’ils ont employé pour résister au projet mais aussi leurs perspectives futures pour la ZAD et les améliorations politiques à mettre en place.

Les auditions programmatiques de la France insoumise sont conçues comme des moments de travail et d’échanges avec des personnalités issues d’horizons divers. Il ne s'agit pas d'un soutien. L’ambition est claire : s’appuyer sur celles et ceux qui, par leur profession, leurs expériences, leurs engagements syndicaux, politiques ou associatifs, maîtrisent les contours d’un problème et ont identifié les mesures qui permettraient d’y remédier.

RETOUR SUR UNE VICTOIRE CONTRE UN GRAND PROJET INUTILE

Le projet de la zone golfique, porté par le président du Spie et golfeur lui-même, représentait une surface de 360 ha, représentant pas moins d’1/4 de la superficie totale de la commune. Les membres de l’association nous expliquent alors que le projet voté en 2004 ne figurait pas dans le projet municipal du maire élu en 2001 dénonçant un « élu propriétaire » une fois au pouvoir au lieu d’être un « élu mandataire ». En 2005, le projet passe aux mains de l’agglomération et en 2008 la Safer, dirigée par Dominique Granier président de la chambre d’agriculture du Gard, et la Segard rentrent en scène afin de mener une enquête foncière pour le projet golfique incitant les propriétaires à vendre leurs terres à  l’agglomération. Les membres de l’association pointe alors un grave « dysfonctionnement », s’interrogeant sur comment une décision aussi importante pour le territoire et ses habitants puisse être prise sans la moindre consultation et sans donner la moindre information à la population sur la volonté de monter un tel projet. En 2012 une enquête publique est annoncée et la population se prononce contre le projet. En 2014, les élections municipales changent le maire. Tous les candidats font de l’arrêt du projet de la zone golfique une promesse électorale. Mais il faudra pourtant attendre plus d’un an pour avoir, enfin, une délibération municipale contre le projet.
Aujourd’hui la Segard demande le remboursement des frais engagés pour mener l’enquête alors qu’elle a décidé d’investir de l’argent sans savoir si le projet irait jusqu’au bout. A cela s’ajoute un certain nombre de factures avec des chiffres conséquents dont on peut douter de la véracité poussant à nous interroger sur de possibles sur-factures.

STRATEGIE DE COMBAT

La stratégie de résistance mis en place par l’association St-Hilaire durable a consisté à mener un long et dur travail auprès des élus, tout en sachant que « là n’était pas l’efficacité ». Ce qui a pesé, selon eux, ce sont les fortes mobilisations qui ont été menées par les zadistes. En 2012, lors de l’enquête, l’association se rapproche du forum social local du Gard pour essayer de trouver des appuis. C’est dans ce cadre là, que l’association commence à gagner en visibilité avec des soutiens externes comme Attac, la Confédération paysanne ou encore France Nature Environnement via une aide juridique. Des outils de communication sont également mis en place comme celle de la « Gazette de la ZAD golfique » tiré en 5000 exemplaires. Mais si l’association a pu tenir s’est surtout grâce aux nombreux dons dont elle a pu bénéficier pour continuer la lutte.
Finalement, l’association explique leur victoire sur la zone golfique par le fait qu’il y avait « beaucoup d’erreurs dans le dossier. Leur faiblesse était de croire qu’ils étaient certains de gagner. Ils pensaient pouvoir bluffer les militants de l’asso, mais on connaissait bien le dossier ». Roustan avait fixé les règles du référendum en exigeant au minimum 20% de participation, mais c’est plus de 50% des votants qui se sont déplacé et le vote du referendum à 70% contre le projet a du être respecté.

DE SERIEUX DISFONCTIONNEMENTS POLITIQUES

Ce que dénonce avant tout St-Hilaire Durable, c’est « l’absence totale de concertation » avec une mairie qui prend seule la décision alors que les impacts sur la commune sont énormes et ne communique l’existence du projet qu’une fois ce dernier lancé au lieu de demander l’avis de la population avant le démarrage du projet. Ce n’était pas moins de 700 logements qui étaient prévu de construire dans ce cadre, un nombre colossale si on le reporte à l’échelle de la commune. Finalement, ce qui se jouait derrière ce projet c’était la taxe foncière.
Un autre problème souligné par l’association, c’est le fait d’avoir  voulu laisser le projet aux mains de l’Agglomération. Une décision qualifiée d’irresponsable, car si le projet s’était révélé être déficitaire, l’endettement aurait été terrible et aurait eu de graves conséquences sur l’ensemble de l’Agglomération du Grand Alès.
Ce que dénonce finalement l’association c’est l’absence totale de transparence  et les disfonctionnement de la loi, où les politiques ne sont pas tenus de respecter l’avis de l’enquête publique (comme on peut le voir avec Bordeaux et le projet d’une Ligne Grande Vitesse). Pour les membres de l’association, il faudrait la mise en place d’un cadastre en ligne avec l’ensemble des transactions pour plus de transparence en politique.

PROJET D’AVENIR

Concernant la ZAD, St-Hilaire Durable aimerait faire de ces terres une zone agricole afin qu’elles ne soient plus source de convoitise. Mais il y aujourd’hui un vrai manque de volonté politique pour porter un tel projet.
Si nous sommes élus, nous le ferons.